Royaume-Uni : la facture du voyage se corse avec la hausse de l’ETA

Le paysage des formalités de voyage au Royaume-Uni connaît une nouvelle secousse tarifaire. Après l’instauration progressive de l’Electronic Travel Authorisation (ETA), cette permission numérique devenue indispensable pour nombre de visiteurs exemptés de visa, le ministère de l’Intérieur britannique vient d’officialiser une augmentation significative de son coût.

À compter du 9 avril 2025, la demande d’ETA passera de 10 à 16 livres sterling (19 €), soit une augmentation de près de 60%. Une annonce faite le 19 mars dernier et qui ne manquera pas de susciter des interrogations et des réactions, tant du côté des voyageurs que des professionnels du secteur.

Pour rappel, l’ETA est une autorisation de voyage électronique introduite par le Royaume-Uni dans le cadre d’une réforme de son système d’immigration visant à le rendre “plus rationalisé, numérique, rapide et sûr”. Elle s’adresse aux ressortissants de pays qui n’ont pas actuellement besoin de visa pour des séjours de courte durée ou qui ne bénéficient pas déjà d’un statut d’immigration britannique.

Les non-Européens éligibles en avaient déjà l’obligation, et dès le 2 avril 2025, cette exigence s’étendra aux citoyens européens. L’ETA, bien qu’elle ne constitue pas un visa et n’autorise pas l’entrée au Royaume-Uni en soi, est une permission numérique de voyager vers le pays, valable pour de multiples séjours de 6 mois maximum sur une période de 2 ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si celle-ci intervient plus tôt. Sans cette autorisation préalable, les voyageurs s’exposent à un refus d’embarquement, quel que soit le mode de transport emprunté : avion, ferry ou voie terrestre.

Un supplément de revenus annuel de 269 millions de livres sterling

Cette augmentation tarifaire, initialement évoquée en janvier 2025, est justifiée par le gouvernement britannique par la nécessité d’assurer la “viabilité financière du système de sécurité aux frontières“. L’objectif affiché est de faire contribuer davantage les visiteurs aux coûts de traitement de leurs demandes et aux services de contrôle aux frontières, réduisant ainsi la dépendance du système migratoire et frontalier vis-à-vis du contribuable. Le ministère de l’Intérieur estime que cette mesure générera un supplément de revenus annuel de 269 millions de livres sterling, fonds qui seront alloués au renforcement des mesures de sécurité et à l’amélioration de l’efficacité des contrôles. Cette démarche s’inscrit dans une tendance globale, le Royaume-Uni citant en exemple des pays comme les États-Unis et l’Australie qui ont déjà mis en place des systèmes similaires.

Cependant, cette décision ne fait pas l’unanimité. Les compagnies aériennes et les acteurs de l’industrie du voyage ont exprimé leurs vives préoccupations quant à l’impact potentiel de cette augmentation sur l’attractivité touristique du Royaume-Uni. Willie Walsh, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), a ainsi déclaré que cette mesure pourrait “porter un coup à la compétitivité touristique du Royaume-Uni“. Tim Alderslade, directeur général d’Airlines UK, a renchéri en soulignant l’importance de la connectivité aérienne pour la croissance économique du pays, où le tourisme représente une contribution annuelle de 74 milliards de livres sterling et soutient plus de 1,7 million d’emplois. La crainte est que cette augmentation, même modeste en valeur absolue, puisse dissuader les voyageurs sensibles aux coûts, en particulier pour des séjours courts ou des voyages d’affaires, au profit de destinations perçues comme moins onéreuses en termes de formalités d’entrée.

Il est pertinent de comparer le nouveau tarif de l’ETA britannique avec les coûts d’autorisations de voyage électronique existantes ailleurs dans le monde. L’ESTA américain, par exemple, coûte actuellement 21 dollars (environ 17 livres sterling) et est valable 2 ans. L’eTA canadien s’élève à 7 dollars canadiens (environ 4 livres sterling) pour une validité de 5 ans. Quant au futur Système européen d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS), dont le lancement est prévu pour 2026, son coût annoncé est de 7 euros (environ 6 livres sterling) pour une validité de trois ans.

Si l’ETA britannique devient plus coûteuse que l’ETIAS, les critiques soulignent que cette dernière permettra de voyager dans 29 pays européens, ainsi qu’en Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein, offrant ainsi une portée géographique bien plus vaste que l’autorisation britannique, limitée à l’Angleterre, au Pays de Galles, à l’Écosse et à l’Irlande du Nord.

Note à nos clients :
Pour ceux qui envisagent un voyage au Royaume-Uni après le 9 avril 2025 et qui sont déjà éligibles à l’ETA (notamment les ressortissants européens à partir du 2 avril), il pourrait être judicieux d’anticiper leur demande avant la date fatidique afin de bénéficier du tarif actuel de 10 livres sterling. Il est impératif de voyager avec le même passeport que celui utilisé lors de la demande, et de noter que les frais d’ETA ne sont pas remboursables.

En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.

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